Lundi 28 janvier 2008
(Dans cette première partie introductive j'essaie de montrer que s'il y a une différence fondamentale entre le baptême des croyants et le baptême des bébés, le
temps n'est plus à l'affrontement. Connaître les 2 points de vue est utile pour comprendre l'autre et faire un choix.)
Introduction
A La Fédération Protestante de France, comme dans l'Eglise réformée de France deux opinions et deux pratiques différentes sur le baptême coexistent. (Les Eglises baptistes sont entrés dans la fédération en 1916).
En Grande Bretagne depuis le 17e siècle, plus récemment en Suède et aux Etats Unis certaines églises baptistes acceptent comme membres, après leur profession de foi, mais sans les rebaptiser, des chrétiens issus d'autres Eglises protestantes et baptisés enfants. D'autres Eglises baptistes, attachées au baptême des croyants accueillent au baptême des enfants très jeunes, (5 ou 6 ans
D'un autre côté l'Eglise réformée de France à la suite du synode national du Chambon sur Lignon 1951 a adopté ce que l'on a l'habitude d'appeler la "double pratique".
D'une part elle baptise les enfants et d'autre part elle admet que par motif de foi et de conscience des parents, l'enfant soit présenté en vue du moment ou il pourra confesser sa foi et demander le baptême lui même.
Et elle reconnaît aux pasteurs qui en font la demandent le droit d'être pasteur sans baptiser les enfants. (Ce qui est mon cas.)
Une visée différente
Ceux qui baptisent les enfants insistent sur la notion de "sacrement".
Le sacrement se fonde sur la Parole de Dieu, mais il a une force particulière, mystérieuse mais réelle. Les tenants du bapt. des enfants et du sacrement affirment que dans cette forme du baptême "Le Christ lui-même met le baptisé au bénéfice de son œuvre rédemptrice." Ce qui compte ici ce n'est pas la décision de l'homme mais l'application de l'œuvre de Dieu sur cet enfant.
D'autre part, d'autres insistent pour dire qu'il ne s'agit pas de n'importe quel enfant, on ne baptise que les enfants des fidèles c'est à dire des enfant de ceux qui croient entrèrent dans l'alliance de grâce par la foi. Leurs enfants sont dans cette Alliance. Le baptême étant le signe de cette alliance il est normal, pensent-ils, de les baptiser.
Ceux qui ne baptisent que les "croyants" considèrent que le baptême n'est pas la première démarche de foi qu'il faut faire. Le baptême doit-être considéré comme le sceau d'une alliance, un engagement mutuel de Dieu et de l'homme. Le baptisé répond à la grâce de Dieu accueillie, reçue. Elle porte déjà des fruits dans la vie. L'immersion elle-même n'est pas considérée comme un sacrement ayant une efficacité particulière, mais comme un signe qui prêche l'Evangile.
La prédication
Chacune de ces positions théologiques donne une tournure particulière à la vie de l'Eglise.
Dans un cas l'Eglise est considérée comme la communauté des croyants. La foi est la condition d'entrée dans l'Eglise. Cette entrée dans l'Eglise se fait par le baptême. Comme les membres d'une telle église ont des enfants non baptisés, et aussi des visiteurs et des amis, la prédication a pour axe l' invitation à répondre à l'appel de Dieu et à s'engager dans l'Eglise. L'enseignement s'oriente vers ce moment d'une réponse consciente et publique, par le baptême, à la grâce de Dieu proclamée dans l'Eglise. On pourrait dire que l'Eglise se définie par ses membres, c'est une Eglise de -professands-.
Dans le cas de l'Eglise dans laquelle on baptise les nouveaux nés, on retrouvera un enseignement et une exhortation faites à leurs membre de vivre conformément à la foi chrétienne. - C'est une Eglise de confessands- En cela elles ne diffèrent pas des Eglises professantes. Mais les membres ne délimitent pas l'Eglise locale. Au lieu de se définir par les membres qui la composent, cette église se définira par son centre c'est à dire la prédication de la Parole de Dieu qui attire les humains à elle et la célébration des sacrements qui actualisent par la foi le sens de la croix.
Place pour un débat
Le fait que dans l'ERF on tolère les 2 attitudes montre que nous ne voulons pas opposer le pédobaptisme et le baptisme. Chacune des pratiques met l'accent sur un aspect particulier de la foi.
Ceux qui baptisent les enfants mettront l'accent sur l'œuvre première de Dieu, sa grâce. Mais nous savons que cela a conduit parfois à des positions éthiques ou théologiques qui sont loin, très loin de la Parole de Dieu et du royaume.
Ceux qui ne baptisent que les croyants mettent l'accent sur la réponse de l'homme à la grâce de Dieu. Mais nous savons que cela a conduit à des positions légalistes qui ne portent pas non plus de bons fruits pour le royaume de Dieu. (à suivre...)
Introduction
A La Fédération Protestante de France, comme dans l'Eglise réformée de France deux opinions et deux pratiques différentes sur le baptême coexistent. (Les Eglises baptistes sont entrés dans la fédération en 1916).
En Grande Bretagne depuis le 17e siècle, plus récemment en Suède et aux Etats Unis certaines églises baptistes acceptent comme membres, après leur profession de foi, mais sans les rebaptiser, des chrétiens issus d'autres Eglises protestantes et baptisés enfants. D'autres Eglises baptistes, attachées au baptême des croyants accueillent au baptême des enfants très jeunes, (5 ou 6 ans
D'un autre côté l'Eglise réformée de France à la suite du synode national du Chambon sur Lignon 1951 a adopté ce que l'on a l'habitude d'appeler la "double pratique".
D'une part elle baptise les enfants et d'autre part elle admet que par motif de foi et de conscience des parents, l'enfant soit présenté en vue du moment ou il pourra confesser sa foi et demander le baptême lui même.
Et elle reconnaît aux pasteurs qui en font la demandent le droit d'être pasteur sans baptiser les enfants. (Ce qui est mon cas.)
Une visée différente
Ceux qui baptisent les enfants insistent sur la notion de "sacrement".
Le sacrement se fonde sur la Parole de Dieu, mais il a une force particulière, mystérieuse mais réelle. Les tenants du bapt. des enfants et du sacrement affirment que dans cette forme du baptême "Le Christ lui-même met le baptisé au bénéfice de son œuvre rédemptrice." Ce qui compte ici ce n'est pas la décision de l'homme mais l'application de l'œuvre de Dieu sur cet enfant.
D'autre part, d'autres insistent pour dire qu'il ne s'agit pas de n'importe quel enfant, on ne baptise que les enfants des fidèles c'est à dire des enfant de ceux qui croient entrèrent dans l'alliance de grâce par la foi. Leurs enfants sont dans cette Alliance. Le baptême étant le signe de cette alliance il est normal, pensent-ils, de les baptiser.
Ceux qui ne baptisent que les "croyants" considèrent que le baptême n'est pas la première démarche de foi qu'il faut faire. Le baptême doit-être considéré comme le sceau d'une alliance, un engagement mutuel de Dieu et de l'homme. Le baptisé répond à la grâce de Dieu accueillie, reçue. Elle porte déjà des fruits dans la vie. L'immersion elle-même n'est pas considérée comme un sacrement ayant une efficacité particulière, mais comme un signe qui prêche l'Evangile.
La prédication
Chacune de ces positions théologiques donne une tournure particulière à la vie de l'Eglise.
Dans un cas l'Eglise est considérée comme la communauté des croyants. La foi est la condition d'entrée dans l'Eglise. Cette entrée dans l'Eglise se fait par le baptême. Comme les membres d'une telle église ont des enfants non baptisés, et aussi des visiteurs et des amis, la prédication a pour axe l' invitation à répondre à l'appel de Dieu et à s'engager dans l'Eglise. L'enseignement s'oriente vers ce moment d'une réponse consciente et publique, par le baptême, à la grâce de Dieu proclamée dans l'Eglise. On pourrait dire que l'Eglise se définie par ses membres, c'est une Eglise de -professands-.
Dans le cas de l'Eglise dans laquelle on baptise les nouveaux nés, on retrouvera un enseignement et une exhortation faites à leurs membre de vivre conformément à la foi chrétienne. - C'est une Eglise de confessands- En cela elles ne diffèrent pas des Eglises professantes. Mais les membres ne délimitent pas l'Eglise locale. Au lieu de se définir par les membres qui la composent, cette église se définira par son centre c'est à dire la prédication de la Parole de Dieu qui attire les humains à elle et la célébration des sacrements qui actualisent par la foi le sens de la croix.
Place pour un débat
Le fait que dans l'ERF on tolère les 2 attitudes montre que nous ne voulons pas opposer le pédobaptisme et le baptisme. Chacune des pratiques met l'accent sur un aspect particulier de la foi.
Ceux qui baptisent les enfants mettront l'accent sur l'œuvre première de Dieu, sa grâce. Mais nous savons que cela a conduit parfois à des positions éthiques ou théologiques qui sont loin, très loin de la Parole de Dieu et du royaume.
Ceux qui ne baptisent que les croyants mettent l'accent sur la réponse de l'homme à la grâce de Dieu. Mais nous savons que cela a conduit à des positions légalistes qui ne portent pas non plus de bons fruits pour le royaume de Dieu. (à suivre...)