Marc 10:17 Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui : Bon maître, lui demanda–t–il, que dois–je faire pour hériter la vie éternelle ?
Dans ce chapitre 10 Jésus se laisse questionner
- par les pharisiens qui l'interrogent sur la résurrection des morts,
- par les mères qui demandent à ce que Jésus touche leurs enfants
- par cet homme qui lui demande V17 « que faire pour hériter de la vie éternelle. »
V18 on sait l'importance que ce verset a dans l'argumentation de certain contre la divinité du Christ. C'est une argumentation fantaisiste et peu sérieuse qui n'a pas compris qu'ici Jésus précise à l'homme : - tu m'as appelé bon cela veut dire que tu reconnais mon autorité, ma divinité. Cet homme est tombé à genoux devant Jésus gonupeteô verbe qui montre l'honneur ,la révérence, même si le mot n'exprime pas le prosternement. Remplacez bon par l'adjectif divin et vous comprendrez tout de suite que Jésus ne rejette pas du tout le qualificatif BON qui lui est attribué. Il souligne simplement le fait, agathos étant réservé à Dieu, que c'est comme Dieu que Jésus va répondre.
Nous avons tous en mémoire la réponse de cet homme à l'appel de Jésus.
Marc 10:21 Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne–le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis–moi. 22 Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens.
Le dialogue de Jésus avec ses disciples éclaire la réponse du bon Maître.
Marc 10:24 Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit : Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! 25 Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
Au V. 25 Jésus illustre son propos de manière amusante, comme pour des enfants. Avez-vous déjà vu un chameau passer par le trou d'un aiguille ? La réponse est évidente! J'ignore pourquoi on a inventé l'histoire d'une porte qui a Jérusalem (nous sommes en judée) s'appellerait « le trou de l'aiguille » dont on n'a aucune preuve, ni en archéologie ni dans des textes contemporains. La parole de Jésus est simplement une boutade. De même qu'avec un peu de bon sens un enfants répondrait non, il faut répondre tout simplement avec le même bon sens.
Marc 10:26 Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres ; Et qui peut être sauvé ?
Les apôtres qui sont de grands enfants ont accepté cette réponse et ils sont perissos =encore plus, c'est à dire au delà de la mesure; ekplessô, frappé, frappé d'étonnement.
Les disciples furent encore plus étonnés
Pour comprendre la réponse de Jésus à l'homme qui s'agenouille devant lui, il faut considérer l'explication qu'il donne aux mathètès aux disciples,
Marc 10:29 Jésus répondit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, 30 ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle–ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle.
Je pense pour ma part que si Jésus parlait de la pauvreté absolue et du renoncement absolu à tout ce dont il parle ici comme par exemple les maisons, ou ses terres;
il serait impossible que les disciples retrouvent par ailleurs des maisons ou des terres qui ne leur appartiendraient plus, pour y vivre. A qui appartiendraient ces propriétés que la communauté
de Jésus aurait en partage ? On peut penser à juste titre que Jésus ici explique non un renoncement à cela mais un nécessaire détachement pour entrer dans le royaume de Dieu. Il sépare ce que
nous sommes dans le royaume de Dieu de ce que nous sommes ici bas. Identité à laquelle est souvent attaché, la belle voiture, les belles lettres, le beau savoir, et toutes sortes de richesse
auxquelles nous nous attachons et attachons les autres en y faisant référence lorsque nous parlons d'eux.
Si nous considérons que la vie dans le royaume de Dieu s'achève après la mort, il faut bien voir dans la mort un renoncement à tout attachement aux réalités terrestres.
Il me semble que c'est de cela dont parle Jésus à l'homme qui avait de grands biens
.
C'est ce que nous vérifions aussi dans l'étonnement des disciples. Sont-ils très riches ? Nous l'ignorons, mais s'ils se sentent concernés c'est qu'ils ont des richesse. Nous savons que la famille de Pierre et d'André comme celle de Jacques et Jean étaient des familles d'entrepreneurs de pèche, que Jésus lui-même était fils de charpentier, tout cela n'évoque pas la misère, ni l'ancien métier de Matthieu-Lévi percepteur d'impôts. D'ailleurs l'Evangile selon Jean nous enseigne qu'après la mort de Jésus Pierre est retourné à sa pêcherie. Pour ces quelques raisons, je ne pense pas que Jésus parle d'un renoncement matériel total mais bien d'une disposition du coeur, d'un détachement par rapport aux biens.
Remarquons à ce propos que l'homme qui s'agenouille devant Jésus demande :
Bon maître, lui demanda–t–il, que dois–je faire pour hériter la vie éternelle ?
Il pose sa question par rapport à un « que faire ». Cela peut laisser entendre qu'il perçoit les réalités du royaume de Dieu comme une possession, pour posséder il faut faire quelque chose. Il possède de grands biens il veut posséder aussi la vie éternelle.
Deux choses peuvent être dite ici : la réponse de Jésus aux disciples nous éclaire : ou bien il faut faire partie de ceux qui ont un « héritage » et être parmi les premiers, ceux qui ont la chance d'être né du bon côté. Cela nous fait penser à la situation du peuple juif, où chacun pourrait se sentir privilégié d'être né dans ce peuple héritier des promesses faites à Abraham. Ou bien il faut acquérir tout ce que l'on désire par un faire, y compris les réalités spirituelles.
C'est Luther qui attire notre attention sur le fait que cet homme parle à Jésus sur le mode du faire, aussi Jésus va-t-il rester dans sa réponse sur le même mode afin de le décourager de cet attachement au faire. En mettant devant lui un obstacle insurmontable Jésus invite à un déplacement. Jésus interpelle cet homme et les disciples. Le dialogue qui suit montrent qu'ils sont aussi concernés par sa réponse.
Je pense que nous pouvons retenir de notre lecture une interpellation pour notre propre existence sous le regard de Dieu. Qu'est-ce qui motive celle-ci ?
Sommes nous attachés à notre faire, à nos biens, à toutes sortes de richesses matérielles, intellectuelles ou spirituelles. Ou bien faisons-nous de tout cela des
moyens pour vivre et partager à ceux qui sont autour de nous la réalité du Royaume de Dieu dans lequel nous sommes
entrés ? Je pense à ces amis chrétiens qui m'ont ouverts leur maison, leur coeur, toute leur richesse pour m'ouvrir au royaume.
Sommes nous riches pour nous mêmes ou riches pour le Royaume, les frères, les soeurs, les mères que Dieu nous donne de recevoir, avec des diôgmos = des poursuites; diôgma= des chevaux lancés à ma poursuite, c'est à dire des persécutions?
Vivre la réalité du royaume de Dieu entraînera des persécutions.
Etre ouverts au royaume de Dieu c'est vivre la réalité terrestre sur un autre mode qui conduit à l'incompréhension et à l'opposition de ceux qui restent de l'autre côté du chemin.
« On dira contre vous toute sorte de mal à cause de moi » disait Jésus. Un seul mot d'ordre : Réjouissez-vous, car le royaume est pour ceux qui lui ressemble.
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