Mercredi 30 janvier 2008
Ces 2 choix ecclésiaux et théologiques nous posent la question de notre rapport à la Bible. Quelle rôle jouent les Ecritures dans notre manière d epenser et de vivre la foi
?
Nous l'avons vu Pierre CH Marcel faire référence à la circoncision et à l'épître aux colossiens; quant à l'argumentation en faveur du baptême des croyants elle a pour elle qu'elle ne fait aucun doute dans des 10 aines de passages de la Bible. Ce qui n'est pas le cas pour le baptême des enfants qui n'est très probablement pas envisagé par le Nouveau Testament. Les tenants du baptême des enfants savent qu'avec la "BIBLE SEULE" ils ne peuvent pas valablement démontrer la validité de leur choix. Aussi ils invoquent la tradition de l'Eglise et des principes théologiques.
Il faut savoir qu'au cours des siècles le baptême a fait souvent question.
J'ai appris à l'Ecole de théologie qu'à l'Epoque de Saint Augustin (354-430) des églises entières étaient remplies de gens non baptisés. S'engager à marcher à la suite du Christ avait de quoi faire peur à qui voulait prendre le temps de réfléchir.
Rappelez-vous ce qu'on a lu : - C'est l'action de se lier par une promesse, c'est une convention qui nous fait entrer dans un état où l'on n'est plus aussi libre qu'auparavant-
On pouvait aussi avoir peur de renier sa foi, de trahir Jésus, de ne pas arriver à lutter avec le saint esprit pour la vie sainte et de perdre le salut. On préférait alors demander le baptême quand on se sentait bien prêt de mourir. De cette manière on pensait avoir moins de risque de trahir son engagement.
Nous voyons là une dérive quand à l'importance de la "réponse" de l'homme. Dérive qu'on peut retrouver me semble-t-il dans la formulation moderne suivante :
"Certaines églises exigent que le baptême soit le couronnement non seulement d'une instruction religieuse complète, mais de la volonté de se consacrer au service de J.C. dans la repentance et dans la foi. … Il consacre la décision du croyant." P.C.Marcel. Il me semble que ce risque existe à chaque fois qu'on met l'accent sur l'homme et non sur l'œuvre de Dieu.
Aussi Augustin le Théologien, poussa-t-il l'Eglise à faire baptiser les enfants des croyants, mettant l'accent sur la décision de Dieu de faire grâce en Jésus Christ et non sur la réponse des hommes.
Les Réformateurs Luther et Calvin constatèrent la dérive de l'Eglise d'occident et la réformèrent en utilisant le principe que les Ecritures sont au dessus de tout. C'est le principe dit du "sola scriptura". Pourtant ils conservèrent la pratique du baptême des petits enfants.
Les tenants du baptême des croyants qui rejettent cette pratique, par ce qu'elle est étrangère à la Bible, interpellent les théologiens réformés :
- Quelle notion de l'autorité de la "Bible seule" avez-vous si vous acceptez que ce qu'enseigne la Bible soit laissé de côté en invoquant une tradition interprétative issue de l'histoire de l'Eglise. Jusqu'où peut-on aller dans cette direction ?
D'un autre côté les tenants des Eglises protestantes réformées et luthériennes interpellent les baptistes dans leur lecture plus ou moins littérale de la Bible. A quel niveau de fondamentalisme vous arrêtez-vous?
Au fond le débat sur le baptême des enfants ou le baptême des croyants nous pousse à réfléchir à notre rapport à la Bible et la lecture que nous en faisons. C'est ce que notent les auteurs du livre "En compagnie de beaucoup d'autres" éd. "Les Bergers et les mages" Paris 1997. Quelles sont les limites de la place de la tradition dans notre lecture interprétative de la Bible? L'Eglise n'est-elle pas autoriser à prolonger la lecture de la Bible ?
Pourquoi certains fondamentalismes se sont-ils éloignés des fondements de la foi chrétienne "classique" et d'autre non ? Une lecture même littérale n'est-elle pas emprunte d'une certaine tradition ? Qu'est-ce qui fait la différence entre les différents fondamentalismes bibliques en présence aujourd'hui ?
Pour terminer sans achever...
Pour ma part ce n'est pas la question du fondement biblique ou non du baptême des enfants qui m'a conduit a m'éloigné de cette pratique, bien que l'absence d'arguments bibliques convainquante ne puisse pas être balayé d'un revers de main. C'est la conception erronnée de la notion de sacrement. Un adage protestant veut que "sans la foi il n'y ait pas de sacrement". Il faut ajouter, sans la foi de celui qui reçoit le sacrement. Quel est donc le sens d'un symbole qui ne peut pas être reçu par celui qui le reçoit ? Quel est donc ce sacrement qui contredit la théorie des sacrements?
Comme l'a écrit Blaise Pascal autrefois on entrait dans l'Eglise par le baptême en se séparant du "monde" mais ajoutait-il avec ironie, par le baptême des bébés aujourd'hui on entre dans l'Eglise, en entrant dans le monde.
Que penser du fait qu'en ce début de siècle, il y a plus de baptisés en dehors des églises que dedan, n'est-ce pas un comble? Pour moi il y a trop de contradictions dans le signe du baptême des enfants pour qu'il soit porteur de sens.
Nous l'avons vu Pierre CH Marcel faire référence à la circoncision et à l'épître aux colossiens; quant à l'argumentation en faveur du baptême des croyants elle a pour elle qu'elle ne fait aucun doute dans des 10 aines de passages de la Bible. Ce qui n'est pas le cas pour le baptême des enfants qui n'est très probablement pas envisagé par le Nouveau Testament. Les tenants du baptême des enfants savent qu'avec la "BIBLE SEULE" ils ne peuvent pas valablement démontrer la validité de leur choix. Aussi ils invoquent la tradition de l'Eglise et des principes théologiques.
Il faut savoir qu'au cours des siècles le baptême a fait souvent question.
J'ai appris à l'Ecole de théologie qu'à l'Epoque de Saint Augustin (354-430) des églises entières étaient remplies de gens non baptisés. S'engager à marcher à la suite du Christ avait de quoi faire peur à qui voulait prendre le temps de réfléchir.
Rappelez-vous ce qu'on a lu : - C'est l'action de se lier par une promesse, c'est une convention qui nous fait entrer dans un état où l'on n'est plus aussi libre qu'auparavant-
On pouvait aussi avoir peur de renier sa foi, de trahir Jésus, de ne pas arriver à lutter avec le saint esprit pour la vie sainte et de perdre le salut. On préférait alors demander le baptême quand on se sentait bien prêt de mourir. De cette manière on pensait avoir moins de risque de trahir son engagement.
Nous voyons là une dérive quand à l'importance de la "réponse" de l'homme. Dérive qu'on peut retrouver me semble-t-il dans la formulation moderne suivante :
"Certaines églises exigent que le baptême soit le couronnement non seulement d'une instruction religieuse complète, mais de la volonté de se consacrer au service de J.C. dans la repentance et dans la foi. … Il consacre la décision du croyant." P.C.Marcel. Il me semble que ce risque existe à chaque fois qu'on met l'accent sur l'homme et non sur l'œuvre de Dieu.
Aussi Augustin le Théologien, poussa-t-il l'Eglise à faire baptiser les enfants des croyants, mettant l'accent sur la décision de Dieu de faire grâce en Jésus Christ et non sur la réponse des hommes.
Les Réformateurs Luther et Calvin constatèrent la dérive de l'Eglise d'occident et la réformèrent en utilisant le principe que les Ecritures sont au dessus de tout. C'est le principe dit du "sola scriptura". Pourtant ils conservèrent la pratique du baptême des petits enfants.
Les tenants du baptême des croyants qui rejettent cette pratique, par ce qu'elle est étrangère à la Bible, interpellent les théologiens réformés :
- Quelle notion de l'autorité de la "Bible seule" avez-vous si vous acceptez que ce qu'enseigne la Bible soit laissé de côté en invoquant une tradition interprétative issue de l'histoire de l'Eglise. Jusqu'où peut-on aller dans cette direction ?
D'un autre côté les tenants des Eglises protestantes réformées et luthériennes interpellent les baptistes dans leur lecture plus ou moins littérale de la Bible. A quel niveau de fondamentalisme vous arrêtez-vous?
Au fond le débat sur le baptême des enfants ou le baptême des croyants nous pousse à réfléchir à notre rapport à la Bible et la lecture que nous en faisons. C'est ce que notent les auteurs du livre "En compagnie de beaucoup d'autres" éd. "Les Bergers et les mages" Paris 1997. Quelles sont les limites de la place de la tradition dans notre lecture interprétative de la Bible? L'Eglise n'est-elle pas autoriser à prolonger la lecture de la Bible ?
Pourquoi certains fondamentalismes se sont-ils éloignés des fondements de la foi chrétienne "classique" et d'autre non ? Une lecture même littérale n'est-elle pas emprunte d'une certaine tradition ? Qu'est-ce qui fait la différence entre les différents fondamentalismes bibliques en présence aujourd'hui ?
Pour terminer sans achever...
Pour ma part ce n'est pas la question du fondement biblique ou non du baptême des enfants qui m'a conduit a m'éloigné de cette pratique, bien que l'absence d'arguments bibliques convainquante ne puisse pas être balayé d'un revers de main. C'est la conception erronnée de la notion de sacrement. Un adage protestant veut que "sans la foi il n'y ait pas de sacrement". Il faut ajouter, sans la foi de celui qui reçoit le sacrement. Quel est donc le sens d'un symbole qui ne peut pas être reçu par celui qui le reçoit ? Quel est donc ce sacrement qui contredit la théorie des sacrements?
Comme l'a écrit Blaise Pascal autrefois on entrait dans l'Eglise par le baptême en se séparant du "monde" mais ajoutait-il avec ironie, par le baptême des bébés aujourd'hui on entre dans l'Eglise, en entrant dans le monde.
Que penser du fait qu'en ce début de siècle, il y a plus de baptisés en dehors des églises que dedan, n'est-ce pas un comble? Pour moi il y a trop de contradictions dans le signe du baptême des enfants pour qu'il soit porteur de sens.
"Franchement, monsieur le pasteur, dirait une bonne vieille du midi, ça ne vaut guére plus qu'une bénédiction mouillée" A.J.