Samedi 28 avril 2007
Bénédiction d'un enfant appelée aussi "présentation".
L'Eglise affirme que le bien le plus précieux est d'appartenir à Dieu et de le servir. La bénédiction des enfants est une étape proposée vers- ce bien . Pour bénir tous les enfants dont les parents le demandent, -nous nous appuyons sur le récit de Marc 10, 13-16 nous montrant- Jésus bénissant des petits enfants que "des gens lui amenèrent afin- qu'il les toucha" . La bénédiction est en générale choisie par des -parents convaincus qu'il faut réserver au baptême le sens d'une -démarche personnelle de foi. Pour préserver ce moment de libre réponse -mais orienter le cœur des enfants vers Dieu, des parents choisissent la bénédiction des enfants appelée aussi -Présentation -.
Ainsi la bénédiction--présentation permet de différer le baptême. Cela redonne au baptême le sens qu'il avait à l'origine, celui d'une réponse personnelle par la foi, à la grâce offerte. Le témoignage que la grâce est reçue au coeur même de la vie. Bien que le Nouveau Testament ne nous donne pas un enseignement uniformisé à propos du baptême, il est clair que tous les récits de baptême montrent que ceux qui l'ont reçu ont confessé leur foi au Christ Jésus. Ainsi après avoir entendu la prédication -qui annonce le Messie mort pour le pardon des péchés et ressucsité -pour nous faire don de la nouvelle naissance, ils ont demandé à être -au bénéfice de cette bonne nouvelle. Accueillant cette grâce ils ont voulu- entrer dans ce salut et servir cet évangile. Pour cela ils ont -demandé le baptême.
Bien des siècles plus tard s'est posée la question des enfants des croyants. -Etaient-ils sauvés ? A quel moment fallait-il les baptiser, -faisaient-ils partie ou non de la nouvelle alliance etc... ? Selon les auteurs, pasteurs, évêques ou docteurs de l'église les réponses ont varié jusqu'au moment où il fut admis que les enfants des fidèles -seraient baptisés systématiquement à leur naissance. (Il me semble que cela vient des orientations théologiques d'Augustin d'Hippone (354- 430)
La Réforme, qui n'a pas abandonné cette pratique, lui a cependant donné un -sens nouveau- sous l'influence de Jean Calvin.
Les enfants incapables de recevoir de sacrement, puisqu'ils n'ont pas la foi, ne reçoivent pas -le baptême- mais le signe qu'ils -sont nés dans une alliance nouvelle . C'est le thème de la nouvelle circoncision (selon Colossiens 2:11). Car, sans la foi, (selon l'adage célèbre : "nullum sacramentum sine fide") pensent les théologiens réformés, le sacrement n'est pas agissant et le geste -baptismal n'a rien de "magique" pour changer les choses sans une -adhésion par la foi . (Le célèbre théologien Jésuite Urs von Balthasar pose lui aussi la question du sens de ce sacrement. Que signifie être membre de l'Eglise sans y adhérer par la foi. Blaise Pascal l'aviat déjà fai remarquer dans une célèbre phrase pleine d'humour)
Le geste baptismal pour les bébés est devenu dans la Réforme Calvinienne le signe d'une nouvelle circoncision.
- Nous nous trouvons donc devant deux gestes baptismaux très différents:
A) - l'un conféré aux croyants qui par la foi reçoivent le baptême comme sacrement de la nouvelle alliance attestant la grâce du Christ Jésus mort et ressuscité pour leur salut et les faisant entrer dans la grâce du service chrétien et du renoncement à soi-même.
B) - l'autre conféré aux petits enfants incapables de croire, devenu alors non plus un sacrement mais le signe de la grâce prévenante. (je ne vois pas dans les Ecritures sur quelle ligne de la Parole de Dieu s'appuyer pour définir le geste baptismal comme signe de la grâce prévenante de Dieu. C'est pourquoi j'ai pensé que le geste et la prière de bénédiction étaient beaucoup mieux adaptés)
Dès lors le geste baptismal a bien deux sens très différents chez les réformés.
Pour pallier à cette difficulté, des membres de l'Eglise Réformée, des parents et- des pasteurs ont demandé que ces deux cérémonies soient distinctes et que le geste baptismal soit réservé au seul sacrement du baptême des croyants. C'est pourquoi en 1951 au Synode National qui se tenait au Chambon sur Lignon il fut décidé que les familles et les pasteurs auraient la possibilité de bénir les petits enfants pour les préparer au jour où, personnellement ils demanderont le sacrement du baptême, ayant reçu par la grâce, la foi au Christ Jésus .
Dans la liturgie de la bénédiction des enfants, nous vérifions que tout enfant est béni en vue de son baptême . L'Eglise, les parents, parrains et marraines -s'engagent à prier et à faire connaître l'Evangile à l'enfant qui leur est confié . Sa bénédiction est la continuité de la bénédiction que ses parents ont reçu après leur mariage pour signifier que l'Eternel est toujours avec eux. Cette bénédiction s'enracine dans la -bénédiction d'Abraham, "en lui toutes les familles de la terre seront -bénies".
Aimé
(modifié juin 2007)