Mardi 6 mai 2008
Nous parlons beaucoup de l'unité lorsqu'il est question de rencontres avec les autres chrétiens. Mais la question se pose au sein même de nos communautés. Pouvons nous trouver dans les Ecritures une démarche qui fonde notre réconciliation et notre unité?
La question de l'unité s'est toujours posée. Nous avons chacun ce handicap tellement humain de considérer nos acquis, notre expérience, notre culture, notre manière d'être comme la réponse juste et valable pour tous.
Juste elle l'est !
Elle s'est formée dans la rencontre des saintes Ecritures et de l'Esprit saint au cœur de notre personne, c'est à dire de notre histoire propre.
Valable pour tous, rien n'est moins sûr.
L'Evangile nous est rapporté par quatre récits et il faut de nombreuses épîtres pour l'expliquer. Il y a certainement plus de quatre manières d'être chrétien aujourd'hui. Dans une association les gens s'y ressemblent du fait qu'ils ont enfin, dirait-on, rencontré "des autres" qui sont comme eux, qui partagent les mêmes opinions et des goûts semblables. Cela ne signifie pas qu'ils ont trouvé la vérité valable pour tous, même si c'est parfois ce qu'ils penchent à croire.
L'Eglise est par nature construite sur la diversité.
Elle est le rassemblement non pas de ceux qui se rencontrent pour cultiver leur ressemblance, mais de ceux qui ont été rencontrés par le Christ. Dans l'épître aux romains (Ro12,3-8 comme en 1Co12) Paul parle de la diversité des dons de la grâce qui rend unique chaque membre du corps de Christ. Chacun reçoit une vocation unique pour le bien de tous. C'est la même grâce pour tous mais elle se manifeste par une diversité de charismes, de réponses et d'actions à l'appel de Dieu.
En Romains 15:1 L'apôtre écrivit : Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas chercher ce qui nous plaît.
Ce que Paul veut dire c'est que dans l'Eglise il faut faire plus que de se tolérer ou se reconnaître des droits semblables : il faut s’accueillir, se porter mutuellement. L’Evangile consiste à s’accueillir et se porter les uns les autres et non pas "faire ce qui nous plaît" en tolérant à la rigueur que les autres fassent de même. Il poursuit au verset 7 Faites-vous mutuellement bon accueil, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. L'unité de l'Eglise nous vient de là, être chrétien c’est avoir conscience d'avoir été accueilli par le Christ et ensuite imiter le Christ en accueillant tous les frères et les soeurs bien entendu... qu'il nous donne. Le faire pour honorer Dieu ! Comme nous, ils ont le désir d'être obéissants à l'Evangile. Nous ne devons pas imposer notre jugement ni critiquer leur attitude particulière.
Si ma réponse à l'appel de Dieu est différente de celle d'un frère ou d'une sœur, ai-je le droit de l'empêcher de répondre à son appel en lui opposant ma manière de comprendre et de recevoir l'Evangile?
En tant que "pasteur" ce qui m'importe c'est d'orienter le frère ou la soeur à avoir la conviction que ce qu'il fait il le fait pour servir Dieu.
Dans son commentaire de l'Épître aux Romains, le théologien Karl Barth dégage quatre règles quant à l'unité dans la communauté chrétienne. Je vous les présente par ces quatre propositions :
1° Personne ne doit soupçonner l'autre d'avoir une foi superficielle ou contester qu'elle ne soit sérieuse. On ne peut pas se juger les uns les autres en fonction des diverses formes humaines que prend notre obéissance à Christ.
2° Chacun est responsable pour lui-même de la manière dont il sert le Seigneur et lui témoigne sa reconnaissance.
3° La responsabilité que chacun doit porter et assumer, il la portera et l’assumera toujours en communion avec les autres.
4° Ensemble nous sommes appelés à rechercher ce qui sert la paix et l’édification mutuelle. En choisissant notre forme personnelle d’obéissance, nous ne devons ni scandaliser, ni séduire l’autre qui croit avec nous mais à sa manière.
Sans aucun doute, en laissant ces règles imprégner notre comportement, à cause de Christ, nous verrons descendre sur l'Eglise la bénédiction de Dieu.
"Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esprit!" Ro15:13
Votre Frère Aimé